
Maya Hiltpold
Responsable de projet animaux Suisse alémanique
Téléphone: +41 61 545 99 40
maya.hiltpold@prospecierara.chDans le cadre du paquet de mesures agricoles 2026, le Conseil fédéral a adopté la révision totale de l'ordonnance sur l'élevage. ProSpecieRara regrette que les préoccupations relatives à la préservation des races animales suisses rares n'aient pas été prises en compte, malgré une interpellation déposée.
En septembre, la conseillère aux États Maya Graf a déposé une interpellation auprès du Conseil fédéral afin d'attirer l'attention sur les lacunes de l'ordonnance sur l'élevage, qui a fait objet d’une révision totale. La réponse du Conseil fédéral est disponible, l'interpellation est traitée aujourd'hui au Conseil des États. Les critiques formulées par ProSpecieRara et de nombreuses organisations d'élevage n'ont pas été prises en compte et le Conseil fédéral a définitivement adopté l'ordonnance sur l'élevage à la fin du mois d'octobre. Cela pose des problèmes pour les raisons suivantes :
La nouvelle ordonnance n'autorise plus que l'amélioration génétique d'une race comme objectif d'un programme d'élevage, et non plus sa préservation. Cela contredit les normes internationales, notamment celles de l'UE, où la conservation est reconnue comme un objectif à part entière ou combiné. Mais surtout, la diversité génétique d'une race est également une garantie pour les adaptations futures, par exemple à des objectifs d'élevage modifiés ou à un environnement changeant (chaleur, sécheresse, pénurie alimentaire). C'est pourquoi même les races qui doivent être améliorées ont besoin d'une diversité génétique suffisante.
Toutes les organisations d’élevage doivent désormais demander une nouvelle reconnaissance pour continuer à recevoir des contributions fédérales. Parallèlement, les exigences pour l’obtention de cette reconnaissance et pour le versement des contributions augmentent. Celles-ci dépendront à l’avenir du nombre d’animaux inscrits au herd-book et des caractères d’élevage relevés.
Pour les races comptant un très petit effectif, comme la chèvre bottée, le mouton Roux du Valais ou le mouton de l’Oberland grison, cela représente des défis majeurs : l'évaluation statistique des caractéristiques d'élevage est complexe et les coûts peuvent difficilement être répartis sur un nombre suffisant d'animaux. De plus, jusqu’à présent, seules quelques éleveuses et quelques éleveurs participent à ces relevés. S’ils sont désormais obligés d’enregistrer régulièrement des données telles
que le poids, la quantité de lait, etc. – et de financer cela de plus en plus par leurs propres moyens – de nombreux membres risquent de se retirer, entraînant ainsi la perte d’un travail précieux pour l’élevage de conservation.
Les contributions aux projets de conservation ne seront désormais accordées qu'aux races dont l'organisation d'élevage met en oeuvre un programme d'amélioration. Jusqu'à présent, toutes les organisations d'élevage reconnues ainsi que ProSpecieRara pouvaient soumettre des demandes. Cette pratique permettait également de soutenir des races dont l'élevage organisé était encore en cours de développement, comme le mouton de Saas. Désormais, pour soumettre des projets de conservation, il faut d'abord disposer d'une organisation d'élevage reconnue et d'un programme d'amélioration, ce qui est difficilement réalisable à court terme pour les races les plus vulnérables sans mettre davantage en danger leur diversité génétique. La Confédération met ici la charrue avant les boeufs.
« Malheureusement, le Conseil fédéral n'a pas examiné les effets négatifs que la révision totale de l'ordonnance sur l'élevage pourrait avoir sur les petites populations », constate Béla Bartha, directeur de ProSpecieRara. « Nos craintes que les changements mettent encore plus en danger les races rares n'ont pas été et ne sont toujours pas prises au sérieux. »
ProSpecieRara continuera de s’engager pour que l’élevage de conservation soit plus clairement ancré dans les futures ordonnances et que la conservation soit reconnue comme un objectif d’élevage légitime. Actuellement, ProSpecieRara soutient les organisations d’élevage dans la mise en oeuvre des nouvelles exigences afin de limiter autant que possible les effets négatifs.
À propos de l’interpellation et de la réponse à l’interpellation
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